Des athlètes se dopent volontairement pour démontrer les limites des contrôles

April 21, 2020 0 By HearthstoneYarns

Huit athlètes de haut niveau se sont dopés volontairement pendant un mois sous contrôle médical et ont été suivis par les caméras de France 2 dans le cadre de l’émission “Stade 2“. Les résultats sont saisissants et mettent en lumière le retard des outils de dépistage face aux techniques de dissimulation des produits.

Le reportage de “Stade 2“ démontre les failles des tests anti-dopage.

Il a fallu 18 mois à Pierre Sallet, physiologiste et directeur de ce programme de recherche, pour avoir l’autorisation de doper 8 athlètes-cobayes et de les suivre au cours de différents tests et entraînements pendant 30 jours. Le but ? Démontrer les failles des tests anti-dopage.Un protocole en 5 phasesLe protocole de recherche s’est déroulé en cinq phases. Les deux premières phases visaient à mesurer les performances sportives “naturelles“ des athlètes, c’est-à-dire avant dopage. Pour cela, ils ont réalisé un test d’effort couplé à une échographie cardiaque, couru sur une distance de 14km contre-la-montre et fait un 3000m en salle.La troisième phase consistait à pratiquer un prélèvement pour une autotransfusion. Deux cent cinquante millilitres leur ont été prélevés puis réinjectés au vingtième jour du protocole. “L’intérêt de faire une autotransfusion est d’apporter plus d’oxygène au niveau des tissus car lorsque l’on fait des efforts intenses, les tissus vont consommer beaucoup d’oxygène et donc vous pouvez pédaler ou pratiquer votre sport plus longtemps avec des performances supérieures“ a expliqué Dominique Rigal, Directeur scientifique à l’Etablissement français du sang.Pour la quatrième phase, les sportifs ont sauté le pas et se sont laissés injecter deux produits dopants interdits : de l’EPO et des hormones de croissance en doses minimes. Des compléments médicamenteux (fer, vitamine B12) leurs ont également été délivrés pour favoriser l’absorption des produits, et des corticoïdes leurs ont été administrés pour un effet “boost“ en fin de protocole.Tous les trois jours, ils devaient continuer à se faire faire des injections dans le but d’évaluer la performance de la combinaison des deux produits et leurs effets à faible dose.Au bout de vingt jours, c’est la phase d’autotransfusion (phase 5) qui a presque clôturé le protocole. Cette phase visait alors à améliorer encore plus leurs performances avant les derniers tests.Tout au long du protocole, aucun des test anti-dopage qu’ils ont passé ne s’est révélé positif, la preuve que les méthodes de détection ont leurs failles.Des progressions époustouflantes Dix jours après le début du protocole, les avis des athlètes étaient mitigés. Certains n’ont ressenti aucune différence lors de leurs entraînements, quand d’autres ont traversé de vraies phases d’euphorie.“Sur mon parcours habituel de 24km, j’ai gagné 10 minutes très facilement, pas tant parce que j’allais plus vite mais surtout j’avais la sensation de pouvoir jamais m’arrêter“ a noté Guillaume Antonietti, l’un des athlètes-cobayes.Le jour du bilan, les résultats étaient sans appel et les contrôles anti-dopage toujours négatifs.“Il y a une vraie tendance dans le groupe avec une amélioration sur tous les tests“, remarque Pierre Sallet.Pour le test d’effort, une progression moyenne de 6,1% a été constatée.L’amélioration la plus surprenante a été constatée sur le 3000m en salle, puisque un des athlètes a gagné 31 secondes par rapport à sa performance 30 jours avant sur la même épreuve (pour se faire une idée, c’est comme si le 40ème mondial passait à la première place du classement en trois semaines).Les résultats sont d’autant plus spectaculaires quand on sait que ces athlètes n’ont eu que des micro-doses d’EPO et d’hormones de croissance.“Un sportif qui va réaliser un protocole complet sur 3 semaines pour vraiment optimiser ses performances serait à 2 injections sous-cutanées par jour, 2 injections intraveineuses (…) plus la prise de 20 médicaments par voie orale par jour“ ajoute Pierre Sallet.Aurélie SognySource : reportage “Ils se dopent volontairement pendant un mois : l’effet est spectaculaire“ (STADE 2 / FRANCE 2).Click Here: collingwood magpies 2019 training guernsey